Tatouage

 

Un peu d’histoire :

 Tatouer est une pratique attestée en Eurasie depuis le néolithique. « Ötzi », l'homme des glaces découvert gelé dans les Alpes italo-autrichiennes est mort vers -3 500. Il arbore des tatouages thérapeutiques (petits traits parallèles le long des lombaires et sur les jambes). Le bassin du Tarim (Xinjiang en Chine) a révélé plusieurs momies tatouées de type physique européen. Encore mal connues (les seuls travaux accessibles en langue occidentale sont ceux de J. P. Mallory et V. H. Mair, The Tarim Mummies, Londres, 2000), certaines d'entre elles pourraient dater de la fin du 2e millénaire avant notre ère. Trois momies tatouées ont été extraites du permafrost de l'Altaï dans la seconde moitié du XXe siècle (l'Homme de Payzyrk dans les années 40 ; défunts du plateau d'Ukok dans les années 90). Leurs tatouages mettent en œuvre un répertoire animalier exécuté dans un style curviligne virtuose. 

Le tatouage sera mal considéré dans la culture occidentale à cause des condamnations judéo-chrétiennes qui l'entourent : Levitique 19:28 (Ancien Testament) « Vous ne vous ferez pas d'incisions sur le corps à cause d'un mort et vous ne ferez pas dessiner des tatouages sur le corps. Je suis l'Éternel. » (Rites pratiqués par les Égyptiens et certains peuples du Moyen-Orient)

 Les Européens ont redécouvert le tatouage lors des explorations dans le Pacifique sud avec le capitaine James Cook dans les années 1770 et les marins en particulier étaient particulièrement identifiés avec ces marques dans la culture européenne jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Ces mêmes marins européens se tatouaient souvent un crucifix sur tout le dos afin de se prémunir de la flagellation en cas de punition. Car c'était un crime que de défigurer une image pieuse ...

 Ce système d'identification était aussi un moyen sur et efficace de renseignement des fiches des forces de police sur la pègre avant l'arrivée de la photo d'identité. Les fiches de polices jusqu'au XIXe siècle comportaient la signalisation et la description de chaque tatouage qui permettait ainsi de caractériser sans erreur un individu. 

Les raisons pour lesquelles les gens choisissent d'être tatoués sont diverses : identification à un groupe, cosmétique, rituel religieux et utilisations magiques sont les plus fréquentes. Aussi, la sociologie du corps les tient pour un objet d'étude important.

 À l'origine ces marques sur la peau étaient des signes d'appartenance à un groupe : religieux chez les Māori, de pirates, d'anciens prisonniers ou de légionnaires.

 À travers l'histoire, les gens ont aussi été tatoués de force pour de nombreuses raisons. La plus connue est l'identification ka-tzetnik dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 Dans les années 1970 un véritable engouement pour le tatouage est né et a connu une forte amplification vingt ans plus tard. Le tatouage n'est plus alors une manière d'afficher son appartenance à un groupe, à une tribu ou à un quartier. C'est un moyen de revendiquer son originalité, de séduire, de s'embellir, de provoquer.

 Un tatouage correspond souvent à un moment important de la vie, agréable ou douloureux. Les adolescents le vivent comme un rite de passage et agissent parfois sur une impulsion qu'ils regrettent plus tard.

 Le lieu de l'inscription, creux des reins, dos, poitrine, cheville, épaule, voire main ou visage a également une importante signification.

 Enfin, des « tatouages » sont appliqués pour faciliter la reproductibilité de certaines thérapies médicales. En radiothérapie externe, des tracés persistants sont appliqués sur la peau (notamment à l'aide de fuschine) tandis que les tatouages permanents se réduisent à de simples points appliqués à l'aide d'une petite aiguille trempée dans l'encre de Chine. Le but de ces tatouages est de fixer les champs à la peau qui correspondent à la zone tumorale à irradier. 

Des tatouages sont aussi placés sur des animaux, cependant très rarement pour des raisons décoratives. Pour les animaux de compagnie ils servent à l'identification. Certains mufles sont traités pour éviter les coups de soleil.

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Procédure :

Quelques cultures tribales créent des tatouages en coupant la peau et en frottant ensuite la blessure avec de l'encre, des cendres ou d'autres agents. Cela peut être un complément à la scarification. Quelques cultures créent des marques de tatouage en frappant l'encre dans la peau avec des os aiguisés. 

De nos jours, la méthode ordinaire est d'introduire l'encre avec un dermographe. 

Un dermographe est composé d'aiguilles attachées à une barre avec un canon électrique. Lorsqu'il est enclenché, les pointes se déplacent rapidement de haut en bas et l'action des aiguilles permet l'insertion de l'encre sous la couche la plus haute de l'épiderme. Il agit suivant un principe électromagnétique, à la manière des anciennes sonnettes de porte. Les dermographes sont fabriquées par de nombreuses petites et moyennes entreprises dans le monde.

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Tatouage Temporaire :

Les tatouages temporaires peuvent être faits avec du henné noir, fabriqué en ajoutant du PPD (p-phénylènediamine) au henné naturel pour obtenir une couleur noire au lieu de brune. Le PPD est une substance toxique et irritante. Elle est connue comme pouvant provoquer des allergies de la peau. Son incorporation dans les pâtes pour tatouages est interdite dans certains pays.

 L'utilisation traditionnelle du henné pratiquée dans les pays du Maghreb, en Inde et au Pakistan est désignée sous le nom de mehndi. 

Un autre système de tatouage temporaire utilise des timbres décoratifs et de l'encre de qualité cosmétique. Tout comme le mehndi, tatouage au henné traditionnel, il est sans danger et résiste à l'eau si on ne frotte pas le motif.

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Es-ce pour tous le monde?

Certains groupes à risque doivent éviter de se tatouer. Notamment les personnes sous traitements médicaux, alcooliques, toxicomanes, femmes enceintes, personnes atteintes d’hémophilie, du sida, d’hépatite B et C, de maladies cardiovasculaires, les personnes sous contrôle cardiaque avec un pacemaker (car il y a un risque d’interférence avec les ondes magnétiques du dermographe).

Le tatouage consistant à perforer la peau pour y introduire des agents colorants, chaque petite perforation crée une plaie susceptible de s’infecter et de transmettre une maladie via des bactéries ou des virus. C’est la raison pour laquelle certaines règles essentielles d’hygiène sont nécessaires avant, pendant et après cette opération.

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Précaution d’hygiène :

Outre les indispensables lavages et désinfection des mains, le tatoueur doit nettoyer et stériliser consciencieusement le matériel à chaque utilisation, nettoyer et désinfecter les outils non stérilisables et le plan de travail. Il doit également analyser la texture de l'épiderme du futur tatoué et la désinfecter minutieusement avant son acte.

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Et après ?

Une fois l’intervention terminée, le tatoueur désinfecte la zone concernée à l’aide d’une solution antiseptique et applique un pansement pour protéger l'épiderme et favoriser la cicatrisation. Il doit ensuite expliquer clairement au tatoué comment il doit continuer à nettoyer sa peau et faciliter la cicatrisation, notamment à l’aide d’une pommade. À noter que cette dernière partie est à présent sous la responsabilité du tatoué. La peau doit rester aérée en permanence, elle doit rester ni trop sèche ni trop grasse. Il faut rester vigilant en ne laissant aucun agent infectieux être en contact avec la plaie. Le nettoyage doit se faire au moyen d’eau tiède et de savon doux ou d’une solution antiseptique sans alcool. Il se peut que lors de la séance, le tatoué puisse ressentir quelque chose allant d'une simple gêne à une douleur aiguë.

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Réglementation :

Peu de pays contiennent à ce jour une réglementation dédiée au tatouage. La clientèle doit le plus souvent s'en remettre au sérieux et à l'éthique de chaque professionnel, et/ou à l'affiliation de certains tatoueurs à des associations professionnelles (par exemple : l'United Européen tattoo artists, le Syndicat national des artistes tatoueurs en France, l'Association suisse des tatoueurs professionnels, l'Association des Tatoueurs et Perceurs Professionnels Wallons (et Bruxellois) en Belgique). 

Aucun règlement européen n'impose ou n'interdit le tatouage sur des personnes mineures. Dans la pratique, les tatoueurs demandent une autorisation écrite des parents, voire la présence d'un des parents. Certains tatoueurs refusent de tatouer les personnes mineures. 

Le Conseil de l'Europe a cependant adopté, le 19 juin 2003, une Résolution sur les tatouages et maquillages permanents. Ce texte vise à introduire une législation spécifique sur la composition des produits servant au tatouage et au maquillage permanent et à assurer la gestion hygiénique de leurs conditions et techniques d’application. En l’absence de réglementation spécifique au plan national ou européen en la matière, la Résolution énonce une série de principes dont les gouvernements des États membres devraient s’inspirer dans leurs lois et règlements nationaux.

 La France, la Polynésie française, la Belgique et la Suisse font partie des premiers pays européens à avoir entamé une réflexion sur ce sujet. Leurs textes législatifs et réglementaires sur le sujet, déjà adoptés ou en cours de projet, portent essentiellement sur l'environnement sanitaire des actes de tatouage et sur la sécurité des encres utilisées. Les textes prévoient notamment une formation obligatoire à l'hygiène préalablement à leur installation, et une déclaration en préfecture (France). 

Les professionnels concernés demandent depuis de nombreuses années une reconnaissance officielle de leur statut, mais cette question ne fait pas partie des priorités des différentes autorités administratives, l'accent étant porté sur l'aspect sanitaire du tatouage, et non artistique.

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Les styles :

Les styles de tatouages :

tribal : graphismes en lignes épaisses, le plus souvent en noir, inspirés des tatouages

primitifs en général, polynésiens en particulier ;

flash : images couvrant les murs des studios de tatouages ;

custom (ou personnalisé) : tatouage sur-mesure, il peut être conçu par le client, en collaboration avec un artiste pour donner un tatouage unique ;

réaliste : motifs exécutés de la manière la plus réaliste qui soit, les tatouages les plus réussis donnent l'impression de véritables photos ;

old school ou « traditionnel » : motifs d'inspiration rock'n'roll, pin-up, années 50, etc... exécuté selon les principes traditionnels occidentaux : contours épais, fortes ombres noires, usage de couleurs primaires vives ;

celtique : rappelle l’art celtique (entrelacs, croix celtiques, créatures mythologiques, etc.) 

asiatique : inspiré de l'art asiatique (dragons, poissons, bouddha, kanji, etc.) ;

new school : old school version moderne ;

abstract ;

obligatoire.

biomécanique : tatouage abstrait incorporant des composants mécaniques

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